Atypique Astéréotypie

Astéréotypie @ L’Épicerie Moderne | 07.04.2023
Qui n'a pas fait un concert d'Astéréotypie a raté sa vie. Avec son troisième album, Patami, le groupe qui a du chien vous fera bouger les genoux lors d'une soirée parfaite à l'Epicerie Moderne ce jeudi 27 février.

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Astéréotypie nous a mis une soufflante dès le premier disque, L’Énergie Positive Des Dieux. Cette aventure collective née il y a une quinzaine d’année d’ateliers d’écriture initiés à l’institut médico-éducatif de Bourg-la-Reine a permis l’éclosion d’un groupe français majeur que l’on a hâte de retrouver sur la scène de l’Epicerie Moderne qu’ils avaient bousculée il y a deux ans, ce jeudi 27 février. Claire, Yohann, Aurelien, Stanislas, Christophe, Arthur et Eric avaient ce soir là conquis toute la fosse, il fallait voir les sourires immenses du public qui ne voulaient pas quitter la salle une fois rallumée, avide de prolonger cette communion tellurique unique. Avec Patami, on est une fois de plus secoués et stimulés par ces textes qui transforment le quotidien en poésie brutalement surréaliste. Avant leur passage en Auvergne Rhône Alpes, on a voulu en savoir plus sur leur dernier album, Patami, une nouvelle grosse mandale salutaire et réconfortante.

Discographie

Vous avez sorti votre troisième disque, Patami chez Air Rytmo, je voulais tout d’abord évoquer l’objet avec vous qui comme le précédent est très soigné, avec des surprises à l’intérieur. Comment est née cette idée de gommettes à la Sgt. Pepper ?

Christophe : Alors cela vient d’un dénommé Matthieu Morin qui le graphiste le plus drôle du monde avec qui on aime bien travailler car il saisit tout à fait l’esprit des textes, de ce que nous on cherche à faire dans le collectif. C’est également lui qui bosse sur le Papotin, la version papier, c’est un jeune homme aussi passionné d’art brut, qui est lui même collectionneur et qui a toujours un regard très diagonale sur les choses, il n’aime pas ce qui est fléché, et aime bien toujours faire un pas de côté au final comme nous avec les textes et la musique, donc ça colle parfaitement et on lui doit grandement cette identité visuelle.

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Mais alors cet animal entre le chien et Chewbacca, d’où vient t-il ? »

Christophe : Et bien c’est Matthieu qui nous a fait rencontrer Philippe Derik qui a conçu l’œuvre, d’ailleurs nous on dit un « fien », c’est le concept du Patami qui pour nous est le plus important, ce n’est pas tellement le chien mais ce que l’on en a fait. Patami c’est un concept de Stanislas qui en parlera mieux que moi, c’est quelque chose que l’on peut s’approprier et qui peut nous faire du bien. Ca peut être un chien comme ça pourrait être une voiture, une C5 par exemple ou un poste informatique.

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Tu évoques les choses qui font du bien, est-ce que vous vous rendez compte à quel point le groupe est désormais un groupe à part entière et fait justement un bien fou sur scène ?

Stanislas : Bien sûr, le public est toujours satisfait, il nous aime, on leur donne du bonheur et le public nous le rend formidablement bien. C’est très agréable.

Et toi Stanislas, dans le processus du disque, tu préfères écrire les textes, enregistrer ou être sur scène ? « 

Stanislas : Et bien je préfère être sur scène, le résultat final, c’est toujours le Graal pour nous. Mais j’aime beaucoup écrire aussi car ce sont des étapes avant un concert, car c’est nécessaire pour créer tous les concerts que l’on fait. Le processus d’écriture est donc essentiel.

Concernant ce processus, comment vous procédez, avec un texte peut être plus « rentre dedans », les musiciens vont créer quelque chose de plus punk et énervé ?

Stanislas : C’est un peu cela cher ami.

Christophe : C’est assez varié, c’est souvent en fait en parallèle, on constitue une sorte de banque de données d’idées qui nous passent par la tête, je compose pas mal avec Benoit et puis on voit, on s’attache pas trop à ce que l’on propose aux autres car on sait que cela peut bouger et puis ensuite il y a les textes qui vont dessus ou qui ne vont pas bien dessus et cela bouge encore et l’on propose encore autre chose et puis parfois on se dit que tel accompagnement irait mieux pour tel chanteur du collectif et puis après on fait un petit test en répétition. Cela s’imbrique naturellement avec le temps :ais parfois on essaye de se surprendre et on se dit et si on allait vers quelques chose de contre intuitif, un truc tout calme sur ce morceau là pour bien poser les mots. Enfin voilà, il n’y a pas de recette, on expérimente, on a aussi une banque de textes que l’on entretient tout au long de l’année.

Et côté esthétique ? le disque semble plus électro, dansant, il y a des morceaux que l’on a hâte de voir sur scène car on sent le potentiel »

Christophe : On nous dit cela mais on n’a pas cherché à faire quelque chose de plus dansant ou d’électronique. Sur le précédent disque il y avait Brad Pitt qui était plus énervé que dansant mais là Chesse bad girl et C5 ont peut être des beats plus électro mais en fait on ne se dit pas grand chose. Et puis personne n’écoute la même chose, les musiciens, les chanteurs ce qui laisse une totale liberté pour faire cohabiter nos univers et c’est peut être cela qui donne ce son original. On a quand même fait beaucoup de recherches au niveau des textures sonores mais il n’y avait pas de mot d’ordre en particulier.

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Sur le vinyle, chaque début de face commence par un morceau court d’introduction avec le même instrumental. »

Christophe : Ah oui, c’était un peu la blague justement à l’attention des fans de vinyles pour qu’ils aient l’impression de s’être planté de sens ! C’était aussi une façon de rendre hommage à Akli Makhlouf qui est notre invité sur le disque et que l’on côtoie au Papotin. On lui a proposé d’ouvrir pour avoir une voix différente et surprendre. On aime bien surprendre à la fois dans le fond et la forme, mais comme on a les meilleurs front men et paroliers cela ne veut pas dire qu’on doit être flemmard pour la forme ! Mais tout cela se fait beaucoup à l’instinct au final.

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Stanislas, peux-tu nous parler de Je ris pour autre chose qui est un titre assez fort dans son propos et qui évoque un des travers de la société actuelle, se moquer, railler autrui en permanence dans la vraie vie ou sur les réseaux, cachés derrière un écran ? »

Stanislas : Vous allez trouvé cela surprenant mais ce texte n’a pas de rapport avec le fait que j’ai peur que les gens se moquent de moi, même si c’est une préoccupation mais surtout j’aime beaucoup les avions et c’est partie de là, je voulais prendre soin d’eux et donc ne pas me moquer d’eux. Mais disons que cela coïncide aussi avec une angoisse que l’on se moque de moi dans la vie de tous les jours…

Christophe : Je comprends que tu personnifies les avions, l’autre jour je suis tombé sur un réel sur instragram et une personne avait classé les avions en fonction de leur apparence et leur avait attribué une personnalité. Le 747 c’était le principal du collège, l’A330 c’était le crush de tout le monde, l’A321neo, le cool kid, il n’y a pas que toi qui les rend humains. Et je suis passionné aussi d’avions, je regarde des vidéos comme Stanislas, mon préféré du moment c’est l’A350 1000, qui a une plus grand capacité et qui concurrence le Boeing triple 7 300.

Stanislas : J’aime beaucoup les avions depuis tout petit.

Christophe : Bon, on tourne essentiellement en France donc on voyage plus souvent en TGV mais qui aont aussi des bonnes têtes !

Astéréotypie – Je ris pour autre chose

Vous avez fait des vidéos qui vous montrent sur la route qui s’intitulent « tout va bien » (l’intégrale à voir ci-dessous), comment est née l’idée ? « 

Christophe : C’est une mini série sur le vif, l’idée c’était de venir un peu avec nous, c’est plus conçu comme une grosse story de meilleure qualité que la moyenne que comme un documentaire même si cela documente malgré tout, des moments de vie collective en caméra embarquée. <L’énergie positive des Dieux avait quelque chose de plus écrit, là cela permet de voir la montée du projet et ça on ne le savait pas au moment où l’on a commencé à le faire. Cela commence au moment où le film sort en salle et va documenter fortuitement le grossissement du groupe avec les salles qui prennent de l’ampleur entre le début et aujourd’hui et cela se termine par cette soirée incroyable au Bataclan.

Et désormais, Stanislas, c’est un vrai métier tout cela ? »

Stanislas : Et bien oui c’est un vrai travail de chanter, d’être musicien et d’être sur scène.

Vous êtes donc en tournée, ce jeudi 27 février à l’Epicerie Moderne à Feyzin et le lendemain à la Belle Electrique de Grenoble, d’autres à annoncer ? »

Christophe : On vient de faire complet à la Maroquinerie, c’était formidable, on a annoncé un premier tiers des concerts de l’année. On se donne 30 à 35 dates par an car on reste avec notre singularité et l’on veut prendre soin de tout le monde.

Pour prendre ses places pour l’Epicerie Moderne ce jeudi 27 février : epiceriemoderne.com
Pour prendre ses places pour la Belle Electrique le vendredi 28 février : la-belle-electrique.com

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Astéréotypie - Patami

Lyonnais qui revendique sa mauvaise foi car comme le dit Baudelaire, "Pour être juste, la critique doit être partiale, passionnée, politique...", Davantage Grincheux que Prof si j'étais un des sept nains, j'aime avant tout la sincérité dans n''importe quel genre musical...
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Chanson à caractère informatif !

Bon, d’accord on est de parti pris, on l’avoue, on adore Astéréotypie. Ils nous invitent une fois de plus au lâcher prise avec ce Calme-toi bouge tes genoux.

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